Paroles, paroles

Les grands espoirs s’évanouissent vite. Mais la confiance résiste, patiemment. Encore pour quelques temps.
Les Français peuvent comprendre que la situation de crise que nous traversons impose des ajustements budgétaires, qu’une certaine rigueur est nécessaire, et que tout ne sera pas rose (quoiqu’on en dise) ces prochains mois.
En revanche, le mensonge, les paroles en l’air, les annonces, les beaux discours… Tout cela, les Français en sont las. Il nous faut désormais des actes.

Ayrault promet dans son discours de politique générale que la « majorité n’a pas été élue pour trouver des excuses mais des solutions ». Il ne semble pourtant pas en proposer beaucoup.

Dans ce que dit le Premier Ministre, on trouve beaucoup de choses bien, beaucoup de choses, à vrai dire, sorties du programme de François Hollande. Rassurant, qu’ils n’aient pas changé de ligne conduite. Mais nous attendions des échéances, des faits, des plans d’actions. Tout reste vague, flou.

Ils ne veulent pas « l’austérité », mais reconnaissent volontiers que « le poids de la dette est devenu écrasant ». Jean-Marc Ayrault annonce que « la TVA sur le livre et le spectacle vivant sera ramenée à 5,5% », que « la hausse de la TVA [...] sera abrogée ». Tout cela est très bien, parfaitement honorable, mais ne suffit pas à nous convaincre que nous avons changé de politique.

Qu’ils disent qu’ils n’ont pas été élus pour cinq ans et qu’il faut du temps pour redresser la France, très bien.

Mais pendant qu’ils discutent pour assainir le climat social – ce qui est une bonne chose, en soi – les suppressions d’emplois se multiplient. On annonce aujourd’hui 10 000 postes supprimés chez PSA. Et si l’on comptait le total des postes supprimés ici ou là par dix ou cent ces dernières semaines, on dépasserait largement ce chiffre. L’impatience monte, et la colère est prête à gronder.

Pendant qu’ils discutent, on s’inquiète. Assainir le climat social est nécessaire, primordial. Mais ce Gouvernement doit pouvoir agir dans l’urgence. Tous les secteurs sont demandeurs, et ils sont demandeurs maintenant. La formation, l’industrie, l’école, la culture, tous les secteurs ont besoin maintenant du changement que François Hollande a promis.

Pendant qu’ils discutent, nous tapons du pied. Nous qui y avons cru. Nous qui nous efforçons – déjà – d’y croire encore. Nous qui soutenons – encore – le Président et sa majorité. Mais qu’ils nous aident à le faire!

Que François Hollande ne cède pas face à Angela Merkel. Que François Hollande reste ferme sur le projet qu’il a pour la France et l’Europe. Que le Gouvernement s’active et cesse de promettre.

Jean-Marc Ayrault parle de « donnant-donnant » dans son discours. Nous leur avons donné le pouvoir. A eux désormais de nous montrer ce qu’ils en font. A eux désormais de nous prouver que nous avons eu raison de croire en eux. A eux désormais de nous donner des réponses claires.

Maintenant.

Une réflexion au sujet de « Paroles, paroles »

  1. Il est vrai que le discours de politique générale du professeur Ayrault manquait de saveur,et n’avait pas ces envolées lyriques à même de doper ses plus ardents soutiens …
    Mais que pouvait-il faire d’autre le 1er Ministre ?
    La campagne électorale est terminée ,voici venu le temps des réalités …
    Les promesses n’étaient étayées par aucune vision prospective et encore moins par une vision politique permettant toutes les audaces pour affronter les forces du capital et du libéralisme dominant.
    Le projet de victoire se résumait en un ras le bol de Sarkozy qu’aurait dû réactiver le rapport de la Cour des Comptes … hélas, il n’en fût rien et Ayrault s’est retrouvé en roi nu devant le Parlement.
    Ayrault doit donc faire comme si …
    Comme si les promesses de F.Hollande valaient encore programme pour l’action gouvernementale …
    Comme si les échanges au niveau européen avaient tourné en faveur des thèses défendues par notre Président …
    Comme si le patronat allait faire le dos rond – voire profil bas – pendant quelques mois …
    NON, tout celà était hélas prévisible !
    Maintenant tout est reporté à la Conférence Sociale comme si …
    Comme si les partenaires sociaux pouvaient du jour au lendemain lever tout ce qui les oppose et les divise …
    Comme si c’était dans ces grands messes que se levait le vent profond de la réforme économique, sociale, politique …
    Comme si la nécessité de créer des rapports de force en associant (mobilisant) la population était devenu inutile …
    Il n’en demeure pas moins que ce gouvernement modifiera des pratiques, redonnera ici ou là un peu de grain à moudre, formalisera et finalisera quelques réformes mais, rien qui ne change profondément et durablement le sens de l’histoire de notre pays !
    Ne va-t-on pas ratifier le pacte européen de stabilité budgétaire sans référendum ?
    Voilà le vrai danger du septennat et de la mandature, qu’au désespoir s’ajoute le désaveu et le dégoût d’une classe politique, d’une génération d’élus TOUS mis dans le même sac au seul profit des plus réactionnaires d’entr’eux … l’extrême droite !
    Voilà pourquoi, Hollande / Ayrault ne doivent pas échouer !
    C’est pour celà qu’il faut rapidement ne plus être avec eux mais derrière eux pour les pousser à conduire une VRAIE politique de gauche, certes clivante mais qui permettra d’ouvrir une espérance .
    Cette espérance folle, seule à même de faire accepter des sacrifices …
    Car sinon, pourquoi se sacrifier pour des choix de société si semblables sur le fond à ceux d’hier sans l’arrogance qui les accompagnait ?
     » ON s’inquiète, On tape du pied, l’impatience monte, la colère est prête à gronder …  » écris-tu.
    Celà semble te faire un tantinet peur !
    La peur est mauvais conseillère, il ne faut pas avoir peur, une vraie politique de gauche est possible . Nos concitoyens et au-delà les peuples en ont un besoin quasi vital.
    C’est en conscience qu’il faut pousser l’appareil PS et une large partie de ses élus a être moins gestionnaires et un chouïa plus révolutionnaires …
    Ton billet de ce jour démontre que tout reste possible, il te suffit de prendre conscience que nous ne leur avons pas donné le pouvoir, nous le leur avons au mieux délégué pour en faire bon usage sinon …

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