Désaccords électoraux

Le Parti Socialiste a appelé les candidats pris dans une triangulaire qui ne seraient pas en mesure de la gagner à se retirer au profit du candidat qui serait le mieux placé pour battre le Front National. Tous ceux qui étaient dans cette situation ont respecté les directives nationales. Tous, sauf une. En effet, Catherine Arkilovitch, qui est arrivée en troisième position derrière Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Michel Ferrand, à Carpentras, refuse de se désister. La seule explication possible, la seule à laquelle on ose croire, est que Ferrand est, selon elle, aussi extrémiste que Marion Maréchal-Le Pen. Nous attendons donc de voir quelle sera sa décision finale et quelles seront les éventuelles sanctions que prendra le PS à son endroit.

Catherine Arkilovitch rejoint donc les trois « candidats de la honte », selon l’expression de SOS Racisme. Avec elle, on retrouve Nadine Morano et Roland Chassain.

Roland Chassain, dans la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône, l’avait déjà annoncé. Il l’a confirmé : il se retire au profit du candidat frontiste dans une logique de tout sauf la gauche. Jean-François Copé a annoncé hier soir au JT de France 2 qu’il demandait la radiation de Chassain.

Quant à Nadine Morano, est-il besoin de rappeler les propos qu’elle a tenu, au soir du premier tour, en assurant que le FN et l’UMP avaient bien plus de valeurs en commun qu’ils n’en avaient avec le PS ? Et que c’était donc, « sans état d’âme », qu’elle appelait les électeurs du FN à se rassembler autour de sa candidature. Brigitte Barèges, député UMP, rajoute qu’elle serait « ravie pour Marine Le Pen qu’elle soit élue à l’Assemblée Nationale ».

C’est très bien de la part de l’UMP de faire du pied sans vergogne au Front National. Très bien qu’ils aient « des positions communes sur de nombreux sujets comme l’immigration ou le droit de vote des étrangers », selon Fernand Siré. Très bien que Monsieur Fillon soutienne Nadine Morano en affirmant qu’il partage « les mêmes valeurs » qu’elle.

Il va cependant falloir arrêter, à un moment donné, la démagogie qui consiste aujourd’hui à dire que l’UMP partage les mêmes valeurs que les électeurs du FN tout en condamnant fermement les dirigeants du parti frontiste. Roland Chassain a au moins ce mérite, celui d’aller jusqu’au bout de la logique que n’assume pas (encore) l’UMP.

Et c’est pour cela qu’il faut saluer la parole des candidats UMP qui aujourd’hui appellent à battre le Front National, en se souvenant que leur parti appartient à la droite républicaine. C’est le cas de Jean Urbaniak, dans la circonscription où s’affrontent Marine Le Pen et Philippe Kémel.

L’hypocrisie de l’UMP atteint des sommets lorsque Jean-François Copé et François Fillon disent vouloir appliquer la politique du « ni-ni » tout en radicalisant leurs propos pour mieux draguer le Front National.

Par cette politique du « ni-ni » Jean-François Copé met désormais sur le même plan Front de Gauche et Front National. C’est ce que l’on entend de plus en plus souvent de la part d’électeurs qui ne voient pas le mal à appeler le Front National à se rassembler autour des candidatures UMP puisque la gauche s’allie à l’extrême gauche.

Ce parallèle que la droite cherche à construire est honteux et indécent. Sur le plan des valeurs sociales et humaine, au moins une chose sépare les deux partis : les valeurs de la République et la Constitution.

 

ARTICLE PREMIER : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. [...]

Dire oui en silence

A Nice, désormais, point de mariage exubérant. Ainsi en a décidé le maire. La solennité de l’instant, selon Monsieur Estrosi, exige de la mesure dans la démonstration et la joie doit être empreinte de gravité. Les effusions bruyantes seront bannies.

A partir du 2 juin, donc, les « youyous » qui cassent les oreilles et nuisent à la tranquillité des riverains seront interdits, sous peine de voir le mariage décalé de 24 heures. Ou plus, si la place manque. Et la place manque souvent en été.

Le maire de Nice doit être un peu pisse-froid pour ne pas s’émouvoir, un peu, de cet instant de bonheur qui s’affiche. Pour ne pas s’émouvoir, un peu, qu’un couple se dise oui, sous les acclamations des proches, heureux de partager ce jour si singulier.

Ou alors, à Nice, le maire est un peu raciste. Parce qu’en réalité, crier, chanter, applaudir, klaxonner, avec un drapeau français dans les mains, ce n’est pas très bien mais ce n’est pas très grave. En revanche, célébrer son mariage dans la mairie de Nice en revendiquant d’être Français mais d’avoir aussi des racines ailleurs, de l’autre coté de la Méditerranée, par exemple, c’est possible, mais en silence. Et sans drapeau.

Il semble que le maire veuille garder son poste de député à tout prix. Effrayé de perdre suite au très bon score réalisé par le Front National dans cette région en mai dernier, il fait tout ce qu’il peut pour sauver son siège. Monsieur Estrosi multiplie donc les mesures électoralistes destinées à caresser dans le sens du poil un public qui ne lui est pas acquis et qui regarde la mer depuis la Promenade des Anglais en attendant les vagues bleues marines.

Monsieur Estrosi fait partie de cette «droite forte», qui ne voit pas le mal à faire du pied à Marine Le Pen sous la table. A nouer, ou entretenir, une relation non-officielle et complètement hors mariage, qui commence à faire grand bruit.