De bonnes résolutions et… rendez-vous en février

2013, espérons-le, sera une année riche politiquement. Le printemps s’annonce chargé, et si tout se passe comme nous le souhaitons, de grandes réformes seront mises en place.

J’espère de tout coeur que le Gouvernement a révisé sa feuille de route, que le Président a relu son programme de campagne et qu’ils continueront à mettre en place ce pour quoi nous les avons élu.

J’espère que cette nouvelle année sera pour eux l’occasion de se recentrer… à gauche.

Nous ne devons pas rougir de ce qui a été fait. Nous ne devons pas non plus cracher sur la gauche que nous accusons de trahir dès qu’elle accède aux plus hautes fonctions de l’Etat. Nous devons être fiers des réformes faites et à venir.

Nous devons aussi rappeler à l’ordre ce pouvoir qui bafouille, qui s’emmêle les pinceaux plus souvent qu’il ne le devrait.

C’est pour cela que le Parti Socialiste doit tenir son rôle : celui de garde-fou et non pas de soutien absolu. C’est le Gouvernement qui doit rendre des comptes au Parti Socialiste (ainsi qu’à l’ensemble des Français, bien sûr), pas l’inverse.

Il ne suffit pas de changer l’action sur la forme. Il faut changer l’action. Quant à la forme, elle-même, elle est très discutable. Il est temps de trouver un juste milieu entre l’espace médiatique saturé par Nicolas Sarkozy et le vide laissé par François Hollande.

Puisse 2013 être l’année… du changement. Puisse 2013 être l’année où l’on « réenchante le rêve français« . 

Quant à moi, j’essayerai de commenter, critiquer et – je l’espère de tout coeur – saluer l’action gouvernementale et la vie politique en général, plus régulièrement que ces derniers mois,.

Pour le moment, mois de janvier oblige, en cette période de révisions et de partiels, le blog  est en pause.

Rendez-vous donc en février pour de nouveaux articles… journaliers? 

Des sondages comme s’il en pleuvait

On ne cesse de nous annoncer, entre catastrophisme et ironie, les côtes de popularité dégringolantes de François Hollande et Jean-Marc Ayrault.
Cette semaine, c’est à grand fracas qu’on nous montre dans divers magazines que les opinions défavorables sur le Président et le Premier Ministre sont majoritaires.

Pour couronner le tout, le JDD proposait même, ce week-end, de rejouer le match entre Hollande et Sarkozy. Evidemment, les deux hommes sont à égalité. Refaire ce sondage pour annoncer un score équivalent à celui de mai n’aurait eu aucun intérêt. Pire! Cela aurait simplement été une dépense inutile. Alors que dans ce cas précis, c’est une rentrée d’argent, puisque cela fait vendre!

Si toute la presse a relayé cette information cruciale, peu en revanche se sont interrogés sur la légitimité d’une telle enquête, sur l’intérêt d’un tel sondage.
A-t-on besoin d’affaiblir le pouvoir alors que des réformes fiscales et sociales importantes sont en projet? A-t-on besoin de déplacer le sujet ou de créer de faux débats?

Pourquoi vouloir rejouer une élection, ce qui n’a absolument aucun intérêt dans la mesure où justement, elle a déjà été faite.

Personne ne s’interroge donc sur l’éventuelle perversité d’une telle pratique.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont-ils si mal-aimés? Qui peut y répondre vraiment aujourd’hui?

Il est évident que des problèmes existent et que l’Élysée et Matignon doivent considérer ces derniers sondages comme des sonnettes d’alarme.
Le silence de François Hollande n’est pas encore compris. Cette absence sur le devant de la scène médiatique est difficile à accepter. Alors on la comble. On fait des sondages, on créé de nouveaux marronniers (FH et les impôts, FH et les femmes) pour pouvoir mettre des photos de lui.

Quant à Jean-Marc Ayrault,  il ne se montre pas suffisamment  et ses ministres qui lui portent préjudice. Avec cette question, devenue rituelle « Y a-t-il un pilote dans l’avion? ».
Pour rappel, la fameuse Charte de Déontologie que les ministres ont signé en entrant en fonction stipulait clairement que le Gouvernement devait faire bloc et que le «principe de solidarité» était applicable dès lors que la décision était prise. Assez de couacs dans ce Gouvernement, l’impression de flou et de chaos est parfois dure à dépasser.

Cela dit, la légitimité et la véracité des sondages sont très relatives. S’ils nous permettent de nous positionner, parfois, et apportent un certain éclairage, sont-ils une preuve tangible que ce que pensent les Français?
Peut-on considérer que les Français sont mécontents parce que 1500 personnes ont répondu à 15 questions? Finalement, chacun se reconnaitra ou ne se reconnaitra pas dans l’opinion représentée par le panel choisi par des instituts de sondages, plus proches de l’entreprise que de l’institut.

Le plus inquiétant, ce n’est pas tant que les panels interrogés soient déçus aussi rapidement par le pouvoir exécutif. En revanche, que les journaux, chaque semaine, soient prêts à acheter des enquêtes d’opinion pour faire plus de ventes à grand renfort de titres racoleurs est plus gênant. C’est un cercle vicieux qui exploite les inquiétudes des Français, qui génère de la peur que l’on peut exploiter à nouveau.

La question n’est pas de savoir à qui les sondages desservent, mais plutôt de comprendre les intérêts de qui ils servent. 

Lettre ouverte à Nathalie Kosciusko-Morizet

Réponse à la tribune « François Hollande, le président amateur », parue dans Le Figaro hier. 

Je salue tout d’abord l’oeuvre rhétorique que vous signiez hier dans Le Figaro.
Je salue cette oeuvre qui prouve votre fâcheuse préférence à convaincre plutôt qu’instruire.
Je salue votre hargne. Je me désole en revanche d’y avoir lu tant de démagogie et si peu de convictions.

Laissez-moi, cependant, poser quelques questions.
Qui est ce «nous» auquel vous faites si souvent allusion? Vous qui commencez par dire que vous êtes «comme tous les Français». Vous qui nous dites que la «victoire de François Hollande nous a laissé un goût amer». Vous qui nous dites que «apparemment, nous ne pouvons rien faire». Vous qui nous dites que «nous avons le devoir de définir les lignes politiques de demain». Mais… que «nous allons être un peu seuls».
Allons bon. Nous, «peuple de France», allons être un peu seuls?
La feinte était habile, mais la faille si proche. Vous êtes bien loin de parler aux Français, et le média même que vous utilisez pour vous exprimer le prouve. Pourrais-je vous en blâmer? Non. En revanche, alors que vous déplorez que notre pays «ne parvient plus à se rassembler», vous creusez encore le fossé qui nous sépare.
Oui, vous creusez le fossé et accentuez encore les tensions.
En passant la pommade aux Français, qui ont «une force, une énergie, une intelligence exceptionnelle» tout en écrivant que la présidence de François Hollande est le «fruit du hasard» ou qu’il vous a «confisqué» le «pouvoir». Que dois-je en conclure? Ne fais-je pas partie de ces hommes et ces femmes du «grand pays» qu’est la France? Ou bien mon vote ne compte-t-il pas? Nous, électeurs de François Hollande, sommes nous si bêtes pour être tombés dans le piège d’ «une créature médiatique ou de marketing»?
Pire. Remettriez-vous en question la démocratie même? François Hollande est bien votre président, tout comme Nicolas Sarkozy fut le mien – quoiqu’il m’en ait coûté. Que vous combattiez le nouveau pouvoir en place, c’est une chose. Que vous le refusiez en est une autre.

Ce qui m’inquiète le plus, ce sont tous ces mensonges que vous proférez. Je me demande si vous croyez vous-mêmes ou si ce sont simplement de bons mots pour revigorer votre électorat.
Allons, soyons honnêtes, l’élection de François Hollande n’est pas le «fruit du hasard». C’est la rencontre, d’abord, d’un homme et d’un peuple, le fruit d’un élan d’espoir. C’est aussi le fruit d’une colère sourde contre Nicolas Sarkozy.

Le fruit d’une colère sourde contre un pouvoir qui n’a cessé de monter les Français les uns contre les autres. Ce qui est ironique lorsque l’on vous entend parler de rassemblement.

Le fruit d’une colère sourde contre un pouvoir qui ne s’est pas servi de son pouvoir pour le bien du plus grand nombre mais pour asseoir le sien davantage. Ce qui est ironique lorsque vous dénoncez que François Hollande et ses ministres «veulent mettre l’Etat en coupe et se servir».

Le fruit d’une colère si profonde contre le pouvoir que François Hollande n’a pu bénéficier d’un «état de grâce», car l’impatience était trop vive. L’impatience de quoi? Du changement.

François Hollande ne vous a pas «confisqué le pouvoir». C’est le peuple français, à qui vous demandez où il est passé, qui vous l’a repris.

Dans ce déballage d’inepties – mais bien écrites, reconnaissons-le, vous tirez à boulet rouge sur le nouveau président, quoi de plus normal? L’étonnant, c’est que vous vous positionnez en défenseure de la gauche, la vraie.

Puisque les sondages disent que les électeurs de François Hollande eux-mêmes sont déçus du début de quinquennat, vous surfez sur la vague et critiquez ce président qui ne fait pas ce qu’il a promis, qui ne met pas en oeuvre des réformes suffisamment marquées à gauche.

Est-ce cependant à vous de demander aux lecteurs du Figaro si «le socialisme existe encore»?
Vous invoquez les grands noms : Jaurès, Blum, de Gaulle. Et confondez l’histoire de notre pays avec les mythes de nos mémoires.

Les mythes parce que vous ôtez à ces trois grands noms leur véritable histoire. Jaurès fut énormément critiqué par la droite nationaliste comme par la gauche révolutionnaire. Blum fut attaqué, calomnié. De Gaulle fut un général de guerre honoré, un président réclamé avant d’être combattu pour finalement se voir retirer le pouvoir.

Vous préférez voir en François Hollande un héritier de René Coty, obligé d’appeler Charles de Gaulle en 1958? Un héritier du «petit père Queuille», corrézien (quelle coïncidence!), symbole de l’inefficacité politique, qui quitta Pierre Mendès France pour fonder le Centre républicain? Grand bien vous fasse. Mais seul le temps, d’abord celui du quinquennat, puis celui, plus long, plus vaste, de l’Histoire dira de qui François Hollande fut l’héritier.

Vous êtes inquiète de savoir si le socialisme est mort. Vous êtes inquiète de savoir si «le Front National bénéficiera de tout ce dépit, de tant de mépris, de toute cette impéritie». Vous avez combattu le Front National, à titre personnel, je ne vous le retire pas.

Mais là encore, un peu d’honnêteté. Ce score si haut de Marine Le Pen aux élections présidentielles, est-ce la faute de la gauche? Est-ce la gauche qui a déçu?

Si «la gauche autiste, calculatrice, peut être le meilleur allié du FN», que pourrait-on dire des dernières campagnes électorales que l’UMP a menées? Vous – femme de droite – qui parlez aux électeurs de droite, comment pouvez-vous vous poser en rempart contre le Front National et ne pas monter au créneau lorsque Jean-François Copé poursuit ce virage très bleu marine pour défendre nos pains au chocolat?

En mélangeant tout, vous en appelez à la Révolution. Oui, vous demandez «où sont les frondeurs», ceux qui pourront «se battre», à corps perdu, «ongles et griffes sortis» contre François Hollande, «cet autre Louis Philippe». Oui, selon vous, nous vivons «un moment de Restauration, post-mitterrandien».

Si j’osais la pique, je vous répondrais que vous avouez-là le côté très Napoléonien du précédent locataire de l’Elysée.
Mais ce n’est pas le sujet. Simplement, ne confondez pas tout. Vous le dites vous-même : «tout cela est anachronique». La République est ainsi faite : le peuple choisit son président. Point de révolution, ce serait là encore refuser le jeu de la démocratie. Et vous défendez ses valeurs, n’est-ce pas? Vous défendez les voix qui s’élèvent des urnes lorsqu’elles vous choisissent, vous devez les accepter aussi lorsqu’elles vous préfèrent quelqu’un d’autre. Le poids d’un vote est le même chaque fois.

Vous dénoncez pèle-mêle amateurisme, «fadeur», «hésitation», arrogance, mensonge et tricherie. Vous caressez à droite, vous caressez à gauche. Vous conspuez les «bourgeois de la politique» et «les bobos», parlez à ceux qui ont «envie d’être riches», vous vous préoccupez «des ouvriers, des employés».

Vous vous inquiétiez pour l’avenir de la CGT entre «renonciation, trahison et collaboration». Vous aimez décidément jouer avec l’histoire, Madame Kosciusko-Morizet.

Vous êtes partout, Madame Kosciusko-Morizet, en usant de ce double langage. Mais vous n’êtes nulle part. Vous condamnez François Hollande pour avoir utilisé des «slogans séduisants et populistes» et j’ose croire que vous avez rougi d’écrire cela. Rougi en tant que soutien indéfectible de Nicolas Sarkozy, rougi parce que votre tribune est un modèle de démagogie et d’électoralisme.

Vos attaques ne vous grandissent pas. Vous, à droite, qui avez tant critiqué comment se comportait le Parti Socialiste dans l’opposition, je m’étais attendue à mieux. A moins de bassesses, plus d’idées. A amateur, amateurs et demi. 

Paroles, paroles

Les grands espoirs s’évanouissent vite. Mais la confiance résiste, patiemment. Encore pour quelques temps.
Les Français peuvent comprendre que la situation de crise que nous traversons impose des ajustements budgétaires, qu’une certaine rigueur est nécessaire, et que tout ne sera pas rose (quoiqu’on en dise) ces prochains mois.
En revanche, le mensonge, les paroles en l’air, les annonces, les beaux discours… Tout cela, les Français en sont las. Il nous faut désormais des actes.

Ayrault promet dans son discours de politique générale que la « majorité n’a pas été élue pour trouver des excuses mais des solutions ». Il ne semble pourtant pas en proposer beaucoup.

Dans ce que dit le Premier Ministre, on trouve beaucoup de choses bien, beaucoup de choses, à vrai dire, sorties du programme de François Hollande. Rassurant, qu’ils n’aient pas changé de ligne conduite. Mais nous attendions des échéances, des faits, des plans d’actions. Tout reste vague, flou.

Ils ne veulent pas « l’austérité », mais reconnaissent volontiers que « le poids de la dette est devenu écrasant ». Jean-Marc Ayrault annonce que « la TVA sur le livre et le spectacle vivant sera ramenée à 5,5% », que « la hausse de la TVA [...] sera abrogée ». Tout cela est très bien, parfaitement honorable, mais ne suffit pas à nous convaincre que nous avons changé de politique.

Qu’ils disent qu’ils n’ont pas été élus pour cinq ans et qu’il faut du temps pour redresser la France, très bien.

Mais pendant qu’ils discutent pour assainir le climat social – ce qui est une bonne chose, en soi – les suppressions d’emplois se multiplient. On annonce aujourd’hui 10 000 postes supprimés chez PSA. Et si l’on comptait le total des postes supprimés ici ou là par dix ou cent ces dernières semaines, on dépasserait largement ce chiffre. L’impatience monte, et la colère est prête à gronder.

Pendant qu’ils discutent, on s’inquiète. Assainir le climat social est nécessaire, primordial. Mais ce Gouvernement doit pouvoir agir dans l’urgence. Tous les secteurs sont demandeurs, et ils sont demandeurs maintenant. La formation, l’industrie, l’école, la culture, tous les secteurs ont besoin maintenant du changement que François Hollande a promis.

Pendant qu’ils discutent, nous tapons du pied. Nous qui y avons cru. Nous qui nous efforçons – déjà – d’y croire encore. Nous qui soutenons – encore – le Président et sa majorité. Mais qu’ils nous aident à le faire!

Que François Hollande ne cède pas face à Angela Merkel. Que François Hollande reste ferme sur le projet qu’il a pour la France et l’Europe. Que le Gouvernement s’active et cesse de promettre.

Jean-Marc Ayrault parle de « donnant-donnant » dans son discours. Nous leur avons donné le pouvoir. A eux désormais de nous montrer ce qu’ils en font. A eux désormais de nous prouver que nous avons eu raison de croire en eux. A eux désormais de nous donner des réponses claires.

Maintenant.

Un remaniement sans surprise et sans communiste

Comme prévu, le remaniement du gouvernement n’aura pas changé grand chose. Seulement quatre nouvelles têtes : Anne Marie Escoffier, ministre déléguée à la décentralisation, Guillaume Garot, ministre délégué en charge de l’agroalimentaire, Hélène Conway, ministre déléguée aux français de l’étranger et Thierry Repentin, ministre délégué à la formation professionnelle. On peut regretter la création de ce dernier poste : il est dommage, en effet, de séparer la formation professionnelle du travail et de l’emploi. Ce domaine aurait probablement dû rester à la charge de Michel Sapin.

Nicole Bricq, quant à elle, passe de l’écologie au commerce extérieur. Cette fois encore, on peut regretter que la ministre soit sanctionnée (a priori) en raison de pressions politiques pour avoir interdit le forage en Guyagne.

Pour le reste, on notera qu’aucun communiste n’a pris part à ce gouvernement. Eux qui avaient participé aux gouvernements sous Mitterrand et sous Jospin, ont décidé après un vote interne au Front de Gauche mercredi, de rester en dehors de la formation gouvernementale.

Cela faisait très longtemps qu’un parti d’extrême-gauche n’avait pas réalisé un aussi bon score à des élections présidentielles, on s’interroge donc sur les raisons qui les poussent à refuser de gouverner. C’est une position hypocrite, en un sens, de vouloir passer des accords avec le Parti Socialiste lors des élections (même s’ils n’en ont finalement pas trouvé), et de dire aujourd’hui qu’il s’agirait d’une trahison de rentrer au gouvernement. C’est une position hypocite de dire que la gauche est unie et finalement revendiquer d’être dans une opposition. C’est une position hypocrite de vouloir changer les choses et ne pas vouloir se mouiller pour ne pas décevoir. Ce sera désormais trop facile pour eux d’être dans une position de dénigrement permanent alors qu’ils ne font pas, et qu’ils en ont eu l’occasion.

Il est évident que le Front de Gauche et le Parti Socialiste ne partagent pas tout. Mais le Front de Gauche aurait pu, au contraire de la position qu’ils ont adopté, décider d’entrer au gouvernement pour justement faire avancer les choses, mettre une certaine pression sur les autres ministres. Ils auraient certainement même eu plus de poids de l’intérieur.

C’est dommage car le Front de Gauche a un rôle capital fondamental à jouer pour pousser le gouvernement à mettre la barre vraiment à gauche et à tenir ses promesses le plus rapidement possible.

Cela étant, il est indéniable que l’extrême-gauche retrouve de sa vigueur passée et peut donc vouloir aujourd’hui retrouver toute son indépendance à l’égard du Parti Socialiste et attendre que son heure soit (re)venue pour gouverner – présider? – seule.

On se demande pourtant si ce n’est pas là l’expression d’une volonté de faire des effets de parole pour tout à fait contester, le moment venu, l’action gouvernementale. Et arriver en 2017 tout lisse, tout propre, sans avoir jamais déçus car n’ayant jamais pris ce risque-là. Or, ceci n’est rien d’autre que de la pure démagogie. Pire encore, en cas de victoire en 2017, le Front de Gauche devra assumer d’être responsable d’inévitables désillusions. Car c’est bien cela un parti qui gouverne : un parti qui déçoit, même s’il fait de son mieux. Et c’est à nous autres citoyens de dire que du mieux possible ce n’est pas encore assez.