Rendez-vous le 27 janvier pour une deuxième manifestation en faveur du mariage pour tous.
C’est d’abord l’annonce d’une augmentation de 75% des frais de scolarité sur les cinq prochaines années qui a provoqué la colère. Ainsi, la révolte gronde à Montréal depuis trois mois. A aucun moment les étudiants ne se sont démobilisés ; les syndicats sont restés solidaires et le gouvernement n’a pas réussi à casser le mouvement.
Jean Charest, Premier Ministre, et Line Beauchamp, ministre de l’Éducation, ont compris trop tard que cette grève étudiante n’était pas anodine. C’est donc trop tard qu’ils ont entamé des négociations. Des compromis minimes ont été proposés, que les syndicats n’ont pas accepté.
Habillés, dévêtus, de jour, de nuit, arborant fièrement le Carré Rouge, symbole du mouvement qu’ils ont appelés eux-mêmes le Printemps d’érable, les étudiants québécois ont continué à protester. Ils en appellent à la «grève illimitée» jusqu’au renoncement du gouvernement à mener à terme le projet.
Le 14 mai, la ministre de l’éducation démissionne. Michelle Courchesne la remplace. Le 18 mai, elle fait adopter une loi spéciale limitant le droit de manifester. Les peines encourues sont énormes : les amendes atteignent des sommets.
Le gouvernement entre dans la spirale de la répression et frôle dangereusement les frontières du totalitarisme. Et soudain, ce n’est plus seulement la jeunesse qui s’indigne. C’est tout un peuple qui voit ses droits les plus élémentaires violés. L’opinion publique est désormais majoritairement acquise à la cause des étudiants et les partis d’opposition s’insurgent.
Du coté de l’Atlantique où nous autres Français nous trouvons, nous regardons ce spectacle, un peu ahuris. Comment un gouvernement peut-il s’enliser à ce point sans écouter la révolte qui gronde chaque jours dans les rues? Comment le gouvernement qui invoque un alignement sur les prix pratiqués dans le reste du Canada et aux États-Unis peut-il penser que l’éducation est une marchandise comme les autres?
Les étudiants de Québec défendaient le droit à l’éducation pour tous. Ils défendent désormais les libertés fondamentales qui sont le socle de la démocratie.