Sans Martine

 Martine a décliné. On ne saura jamais bien pourquoi. Elle voulait être Premier Ministre. Premier Ministre ou rien. Ou plutôt si, ministre d’un ultra-ministère, un ministère de super héros qui aurait regroupé l’Éducation, la Culture, la Jeunesse et les Sports. Elle n’aura rien de tout cela, elle n’aura rien du tout. En haut, ils disent que c’est d’un commun accord. En bas, on n’en croit pas un mot. Simplement l’impression d’une énième guerre d’égo. De ces guerres qui entachent le Parti Socialiste et que la campagne des présidentielles avait eu le mérite de mettre en sourdine.

La leçon, qui semble n’être jamais apprise, est qu’en s’unissant on gagne. Du moins, la victoire est possible. Se joue ici le premier bémol dans le parcours sans faute du Président en place depuis trois jours. Un bémol, car Martine Aubry est une femme compétente, qui aurait dû, certainement, avoir une place dans le gouvernement. Mais Martine a décliné.

Elle reste donc à la tête du Parti Socialiste jusqu’au congrès qui se tiendra en octobre. Et alors aura lieu une autre guerre : celle de Jean-Christophe Cambadélis et d’Harlem Désir pour la remplacer. Et après, quel chemin pour Aubry? Les pro-Martine disent que c’est tant pis pour la France et tant mieux pour les Lillois. Les spéculateurs pensent qu’elle reste en réserve pour remplacer Ayrault quand ce dernier devra quitter son poste.

Les autres attendent, sans s’émouvoir vraiment de ce coup de théâtre. Surpris, seulement. Mais c’est bien cela, le changement. Une surprise.

Martine a décliné. Ainsi soit-il, n’en parlons plus.