Le Courrier des Twittos

Sur La Rochelle

Le niveau de votre réflexion, cher Julien, me laisse quelque peu perplexe. J’en conviens, ces derniers jours n’ont pas offert à la politique ses heures les plus reluisantes, mais il serait tout de même bienvenu de proposer mieux que ces jeux de mots vaseux. Quant au sexisme de votre blague, elle fait bien plus de vous un macho, qu’un rigolo. Tout cette histoire de tweet fait visiblement rire, c’est en réalité très consternant. Il est grand temps de passer à autre chose. Si, bien sur, vous avez des choses plus intéressantes à dire.

Idiocratie, bonjour. Vous donnez, vous aussi, dans le jeu de mot très subtil. L’épitaphe que vous proposez, en effet, est d’une élégance à toute épreuve. L’homophone sur lequel repose votre trait d’esprit ne fonctionnant pas à l’écrit, vous auriez pu vous éviter la peine d’écrire ces quelques caractères insultants tant à l’égard de Ségolène Royal que du Président de la République.

Madame Michu, je vous reconnais bien là. Est-ce cependant bien opportun de se servir du lyrisme de De Gaulle, pour soutenir Olivier Falorni? La cause en vaut-elle la peine? Je ne crois pas. De plus, qui aujourd’hui, est le plus outragé des deux? Je ne suis pas sure que ce soit Falorni. Enfin, rappelez-vous bien que Ségolène Royal et Olivier Falorni portent les mêmes valeurs et soutiennent le même homme. Des valeurs et une majorité présidentielle contre lesquelles vous vous battez. Le combat que vous menez contre Ségolène Royal n’ayant aucune justification politique, je m’interroge sur sa légitimité.

Sur le Front National

Remettons en contexte, chère Sandrine, si vous le permettez. Ces tracts sont apparus dans la 4e circonscription de l’Essone seulement, pour faire barrage à NKM. Ce tract, qui est – excusez-moi du terme – un torchon ne saurait être considéré comme la preuve d’un quelconque accord entre le Front National et le Parti Socialiste. Il plonge d’ailleurs Monsieur Thomas, le candidat PS, dans un profond embarras. Cela étant, et même si je comprends que le comportement des dirigeants de l’UMP vous reste en travers de la gorge, il est aberrant d’accuser le PS de connivence pour vous décharger de ce qu’il se passe au sein de votre parti.

Parler aux électeurs du FN, oui. Leur parler pour leur dire que l’on partage leurs valeurs, non. Ce n’est pas du mépris, c’est du bon sens.

Les inclassables

Bonjour SniperdeDroite, je dois bien admettre que je ne comprends pas votre blague. Si par là, vous sous-entendez que le Front de Gauche est responsable de la montée du Front National, c’est que vous êtes en plein déni. Or, le déni est peut-être ce qu’il y a de plus dangereux en démocratie. Cela étant, si Canard WC laisse effectivement des traces dans vos toilettes, c’est que vous ne vous en servez pas correctement.

Sans conteste, le tweet le plus mystérieux du jour. La personne concernée par votre tweet, Madame Morano, n’a certainement pas pu se reconnaître et ne peut donc répondre à votre appel. Il est temps de mettre un terme à ce suspense insoutenable ! Entre Jean-François Copé et Jean-Marie Le Pen, nous nous interrogeons toujours. Mais peut-être que vous aussi?

Et c’est donc vous, Bécasse du Sud, qui remportez la palme de ce Courrier des Twittos. Petit rappel historique : les tickets de rationnement auxquels vous faites probablement allusion ont en réalité mis en place en 1940 par Pétain, qui n’est pas connu pour son engagement auprès des soviétiques.

Quoiqu’il en soit, rappelez-vous qu’à trop vouloir faire rire, vous avez oublié, cette fois-ci, la décence la plus élémentaire.

PS (Post Scriptum) : Ce n’était définitivement pas une bonne idée de supprimer les cours d’histoire en Terminale Scientifique. Merci à Vincent Peillon de les remettre au programme.

 

A lire : Le Front de Gauche n’est pas comparable au Front National

Fillon et Copé comme cochons

Qu’il est dur ce moment où le leader s’en va! Qu’il semble long le temps avant qu’une nouvelle figure s’impose. Charismatique, fédératrice.

Ils le savent, au Parti Socialiste. Mitterrand est parti, laissant derrière lui son champ de ruines. Delors n’est jamais venu. Jospin a claqué la porte. Et chacun s’est lancé, le cœur battant, tout excité de croire qu’il serait celui derrière qui les socialistes marcheraient gaiement. En essayant de croire qu’il ressouderait un Parti désenchanté de savoir que l’heure des Léon Blum, des Jean Jaurès, des François Mitterrand était passée.

10 ans. Il nous aura fallu 10 ans pour nous réunir à nouveau autour d’un homme et retrouver enfin les portes de l’Élysée.

Au tour de l’UMP, désormais, de chercher son meneur. C’est sans joie que ce constat s’impose. C’est sans jubilation que nous suivons les joutes verbales qu’échangent Messieurs Fillon et Copé par médias interposés. Monsieur Sarkozy s’en est allé, Copé s’en va-t-en guerre. Cinq ans, au moins, cinq ans déjà, que l’on entend ses dents grincer sur le parquet. Mais Fillon, le discret, ne laissera pas Monsieur Grande Gueule, piétiner ses ambitions.

Ah! Qu’il est dur, par les temps qui courent à l’UMP, d’être un leader sans tout commenter, sans toujours tout critiquer. Alors Fillon, se lance. Il accuse le nouveau gouvernement d’un « petit festival » de couacs. Il est de tous les journaux, et peut-être d’ici quelques temps pourrons-nous dire que nous l’avons plus vu en trois mois qu’en cinq ans.

Dans cette « guerre », comme l’appelle Jean-François Copé, les deux ambitieux devront savoir rester dignes. A ce jeu là, Fillon nous avait habitués à mieux, Copé est fidèle à lui-même.

Roulez-vous donc dans la boue jusqu’au Congrès du mois d’octobre. C’est là où les cochons passent l’été.